La Moselle pousse la dématérialisation jusqu’à la CAO
Déjà en pointe en matière de l’achat en ligne avec ses multiples enchères inversées - devenues quasi monnaie courante dans ce coin de Lorraine - le conseil général de Moselle a poussé l’expérience numérique jusqu’à la commission d’appel d’offres. En mai dernier, les élus ont « décacheté » en direct sur un écran les candidatures et les offres. Nullement décontenancés, les conseillers généraux ont même procédé, avec sans doute plus d’intérêt que d’accoutumée, à l’examen des premières enveloppes en faisant défiler un par un les fichiers PDF. Tout cela le plus simplement du monde. « Ce n’était pas conçu comme un événement extraordinaire. Il ne s’agissait pas d’une CAO particulière. Le marché dématérialisé était un marché comme les autres, au milieu d’autres marchés », assure Elisabeth Scarpa. Minutieux, le département a d’ailleurs réalisé un récapitulatif des opérations comparées entre le traitement par voie électronique et celui par voie papier : traitement du registre de dépôt, récupération des plis, clôture de la consultation, tenue de la commission d’appel d’offres, information des sociétés non retenues, analyse des offres, attribution, notification, archivage et conservation des documents. Flegmatiques, certainement en raison de l’usage des enchères, les membres de la commission, élus, membres de la DGCCRF et du Trésor, se sont surtout inquiétés de la sécurité, interrogeant sur les conditions de transmission des documents. « C’est vrai que la première fois, le contexte particulier alourdit le travail de la commission et réclame plus de temps. Il faut faire attention et bien expliquer aux élus le processus. Mais nous avons démontré qu’une CAO dématérialisée n’est pas utopique.», atteste Elisabeth Scarpa.
© Jean-Marc Binot, Achatpublic.com, 01/08/2003
