Ecolabels : comment s’y retrouver pour bien acheter ?
« NF Environnement », l’Ecolabel Européen, l’anneau de Möbius… Les logos écologiques sont légion dans le secteur marchand. On en recense pas moins de 700 dans le monde. Certains émanent des gouvernements et sont officiels, d’autres sont proposés par des ONG, d’autres encore sont des labels privés créés par les industriels. Difficile pour un profane de s’y retrouver et de savoir à quoi ils correspondent. On comprend, dans ces conditions, la perplexité et les hésitations d’un acheteur public novice en la matière qui souhaiterait quand même introduire un peu de vert dans les achats de son administration.
Comment faire le tri entre les différentes déclarations environnementales ? Les écolabels officiels font partie des logos sérieux sur lesquels un praticien peut s’appuyer pour mieux prendre en considération l'environnement dans un achat, répond Antoine Bonsch, ingénieur au département éco-conception et consommation durable de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). En France, indique-t-il, on trouve notamment l’écolabel français « NF Environnement » et l’Ecolabel Européen symbolisé par une petite fleur. Pour obtenir une appellation officielle, les industriels doivent faire certifier par une tierce partie que leurs produits sont conformes à un cahier des charges. Celui-ci est élaboré spécifiquement pour une catégorie de fourniture donnée (mobilier, peinture,…), en concertation avec les industriels, les associations de consommateurs et de protection de l’environnement, et les pouvoirs publics. C’est l’AFNOR certification qui se charge de certifier les produits, à la demande des entreprises.
Attention aux auto-déclarations environnementales
Outre les écolabels officiels, d’autres déclarations sont dignes de confiance. Il s’agit, par exemple, de l’étiquette « Energie » apposée sur les appareils électroménagers et qui les classe en fonction de leur consommation d’énergie, du « car labelling », qui compare les consommations énergétiques et les émissions de CO2 des véhicules d’une même puissance, du label FSC (forest stewardship council), ou encore PEFC (oan european forest council) qui figurent sur les produits utilisant du bois provenant de forêts gérées durablement. Il y en a d’autres, tout aussi intéressants, ajoute Antoine Bonsch : la marque Retour, Energy Star, TCO . « Pour mieux les connaître, le passeport éco-produit de l’ADEME gratuit fait une présentation succincte de leur signification et des types de produits concernés », poursuit le spécialiste.
Il existe, par ailleurs, des déclarations environnementales réalisées sous la pleine mais entière responsabilité des industriels : ce sont les « auto-déclarations ». « L’une des plus répandues est sans doute le symbole du recyclage représenté par l’anneau de Möbius », ajoute Antoine Bonsch. Certaines reposent sur une réelle maélioration environnementale, d’autres, au contraire, sont sujettes à caution. A ce titre, l’ingénieur recommande aux acheteurs publics de se méfier des auto-déclarations imprécises et qui ne permettent pas de comprendre sur quoi porte l’amélioration environnementale par rapport à un produit « classique ». Ainsi, affirme-t-il, des déclarations du type « produit vert », « produit 100% écologique » ou encore « produit naturel » ne devraient pas être utilisées. « Un acheteur doit s’efforcer de s’assurer que la caractéristique environnementale mise en avant par une auto-déclaration lui apporte un réel « plus » : par exemple le caractère « recyclable » ou « compostable » n’est qu’une possibilité réalisable…qui présentera un réel intérêt si le produit est « recyclé » ou « composté » », explique Antoine Bonsch .
Des logos sans lien direct avec les préoccupations d'achat
Autre piège à éviter : les logos sans lien direct avec les préoccupations d’achats professionnels tels que le point vert utilisé par « éco-emballages » ou « adelphe ». Cette étiquette signifie que l’entreprise contribue aux coûts de valorisation des déchets d’emballage à destination des ménages, mais elle ne présume pas du caractère « recyclable » ou du recyclage effectif des emballages qui le portent. La remarque est identique pour les symboles d’identification des matériaux : ils n’ont aucune signification en termes de caractéristiques écologiques spécifiques, même s’ils peuvent permettre d’identifier les matériaux lors du recyclage.
Une norme internationale, nommée ISO 14 021, a été créée en 1999 pour faire le ménage dans les aoto-déclarations. Elle définit des règles de bonnes pratiques afin d’avoir des déclarations claires, compréhensibles, précises et qui ne soient pas de nature à induire en erreur. Tout comme la démarche d'écoabélisation officielle d’un produit, le respect de cette norme n’est qu’une démarche volontaire. Cependant un acheteur peut envisager de la faire connaître à ses fournisseurs, conclut Antoine Bonsch.
Sandrine Dyckmans © Achatpublic.com, le 24/03/2004
Pour se procurer le passeport éco-produit, écrire à : antoine.bonsch@ademe.fr
- Consulter le document : « comment acheter et consommer mieux :
www.ademe.fr/particuliers/Fiches/9999/Acheter_consommer_mieux.pdf
- Ecolabels et autres étiquetages environnementaux :
www.ademe.fr/Entreprises/Management-env/approche-produit/Promotion.htm
- Document sur l’administration éco-responsable :
www.ecoresponsabilite.environnement.gouv.fr/sommaire.php3
- Document sur les achats éco-responsables :
www.ecoresponsabilite.environnement.gouv.fr/index2.html
- Site international sur les écolabels :
www.uneptie.org/pc/sustain/design/green-proc.htm
- Site européen :
http://europa.eu.int/comm/environment/green_purchasing/
