Mieux vaut tard que jamais. Promise depuis belle lurette et repoussée en raison de problèmes techniques et des réformes successives de la réglementation française et européenne, la passerelle entre le BOAMP et le JOUE est utilisable à partir du 10 avril prochain, assure Annie Cotton, chef du service des annonces officielles de la Direction des journaux officiels (DJO). De quoi permettre aux acheteurs de gagner du temps avec une saisie unique valable et conforme, dans un premier temps, pour les avis de marchés (formulaire n°2), les avis de concours (formulaire n°9) et les avis de marchés simplifiés relatifs au système d’acquisition dynamique (formulaire n°12). La fonction qui sera sans aucun doute très appréciée, est offerte, sans supplément de prix, aux annonceurs du BOAMP. Il leur suffit de se connecter au site, et s’ils sont enregistrés, de choisir l’option « publication BOAMP/JOUE ». Une fois saisi, l’avis est contrôlé par la DJO, puis transmis à l’Office des publications de l’Union européenne. Dès réception de l’accusé de réception du JOUE, le BOAMP déclenche alors sa propre publication. La fonction sera également valable pour les clients des concentrateurs et éditeurs qui travaillent en partenariat avec la DJO. « A condition que leur schéma de transmission XML soit aux nouvelles normes de ce système », prévient toutefois la rue Desaix. Une seconde étape, prévue fin juin, devrait étendre la formule à l’ensemble des formulaires européens.

Les justificatifs des annonces téléchargeables

C’est donc un pas supplémentaire sur le chemin de la dématérialisation qu’emprunte la DJO depuis déjà plusieurs années, sous la férule du préfet Jean-Paul Bolufer qui a indiqué le cap à suivre sous la forme d’un triptyque : sécurité/rapidité/fiabilité. Autre avancée notable : la numérisation des « justificatifs » conformément au décret du 6 février dernier (1). L’annonceur pouvait déjà trouver dans son « portefeuille » sur le site du BOAMP l’historique de ses annonces (AAPC, MAPA, avis d’attribution, rectificatifs). Il aura bientôt la possibilité de récupérer outre les accusés de réception, les justificatifs au format PDF de ses annonces. Une livraison électronique bienvenue pour tous. D’abord en raison de son côté pratique. « Une fois sur deux, les annonceurs, en l’occurrence les services marchés, ne retrouvaient plus le justificatif qui était attaché à la facture adressée à la comptabilité de l’entité publique. Désormais, le bulletin contenant l’annonce est disponible en PDF dès le lendemain. « L’acheteur peut le télécharger autant de fois qu’il le désire », ajoute Annie Cotton. La DJO se frotte aussi les mains : cette dématérialisation lui permettra de faire de sérieuses économies de frais postaux. Mais pas le temps de se reposer sur ses lauriers puisqu’un autre chantier urgent l’attend  avec la réalisation d’un avis de publicité national standard. Bercy a transmis un « brouillon » à la DJO afin que le projet soit opérationnel dès la sortie du Code 2006. « On sera prêt », affirme Annie Cotton.

L’alerte mél réactivée sous peu

Pas de doute, les Journaux officiels s’accommodent fort bien de la révolution internet. Le site, qui devrait adhérer à l’Office pour le contrôle de la diffusion des médias (OJD) afin de certifier sa fréquentation, a supplanté le journal papier avec 25 000 annonceurs recensés et 180 000 visiteurs uniques par mois. L’alerte mél, commercialisée auprès des entreprises au prix de 50 euros (pour 5 profils de recherche), mise entre parenthèses en raison d’ennuis techniques, devrait être de nouveau disponible prochainement. « C’est en bonne voie », promet Annie Cotton. En 2005, le nombre global d’annonces au BOAMP (140 000) a augmenté de 11%. Un bilan à moduler en fonction du type d’annonces. Les AAPC traditionnels ont ainsi fléchi de 7%. Une baisse compensée par l’arrivée des avis pour les marchés adaptés de moins de 90 000 euros (27 000 sur l’année). L’année 2006 repart sur les chapeaux de roue puisque le BOAMP a enregistré un boom de 30% de l’activité pour les avis de publicité. Annie Cotton avance une hypothèse : les acheteurs profiteraient du report du Code 2006. En préférant passer leur marché avec une réglementation qu’ils connaissent, plutôt que de spéculer sur la prochaine version.  Le baromètre semble donc se maintenir au beau fixe du côté de la DJO. D’autant que depuis le 1er janvier, le tarif d’insertion est passé à 5,12 euros la ligne contre 7,83 l’année précédente. Un atout non négligeable alors que la concurrence s’aiguise. « Jusqu’ici, notre tarif n’était pas perçu comme un critère discriminant de choix », remarque-t-on du côté de la Direction des journaux officiels qui s’appuie sur ses enquêtes de satisfaction. Les jurisprudences récentes, qui poussent en faveur d’une publicité nationale même pour des marchés régionaux, vont peut-être modifier cette vision des choses.

Jean-Marc Binot © achatpublic.com, 06/04/2006

(1) Décret n°2006-113 relatif à la justification d’insertion d’avis au BOAMP